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Flamant rose (Phoenicopterus roseus) est l’espèce de flamant la plus largement répandue. Autrefois, flamant rose désignait l’espèce Phoenicopterus ruber, dont l’espèce ici présente était la sous-espèce Phoenicopterus ruber roseus

Les  flamants roses constituent une espèce grégaire, vivant en groupes comptant souvent plusieurs centaines à plusieurs milliers d’individus.
Leur plumage, à quoi ils doivent leur nom, est pourtant en grande partie blanc rosâtre, contrairement à l’espèce P. ruber chez qui il est beaucoup plus rouge. Ce sont les couvertures alaires qui, chez le flamant rose, revêtent une couleur rose intense, avec des rémiges primaires et secondaires noires. Le bec, unique parmi les oiseaux, est courbé et sa morphologie permet la filtration de la vase et de l’eau. Il est rose également, avec la pointe noire. Les pattes, longues et fines, sont roses chez l’adulte. Leur couleur vient des pigments caroténoïdes présents dans les algues et les crustacés qu’ils consomment[1]. Ces pigments sont principalement la canthaxanthine, la phoenicoxanthin et l’astaxanthine[2].
Un dimorphisme sexuel de taille est observé chez cette espèce, les femelles étant en moyenne plus petites que les mâles. Le cri ressemble à celui d’une oie. Le flamant rose dort debout sur une[3] ou deux pattes, la tête cachée sous une aile. À cause de leur taille, les flamants doivent prendre quelques mètres d’élan pour décoller des eaux. Erratiques, ils volent en formation, en gardant cou et pattes étirés. Les battements d’ailes, puissants et réguliers, les propulsent à 60 km/h sur des étapes de plusieurs centaines de kilomètres.

La nourriture des flamants se compose principalement d’invertébrés aquatiques, ainsi que de leurs larves et œufs. Un grand nombre de taxons est concerné, et on retrouve notamment des crustacés (dont les artémies riches en carotènes, qui contribuent à la coloration rose du plumage), des mollusques, des insectes (adultes et larves, telles que les chironomes), des vers, des poissons, des algues, etc. Les flamants roses peuvent également consommer des graines de plantes aquatiques et du riz (induisant des conflits avec les riziculteurs).
Le flamant pratique la filtration de l’eau et de la vase pour se nourrir, grâce à un bec particulier, muni de lamelles fonctionnant à la manière des fanons de baleine.
Plusieurs techniques de prospection alimentaire peuvent être observées. En faible profondeur, le flamant plonge la tête dans l’eau et avance ainsi en filtrant la colonne d’eau. Il peut rester sur place et piétiner la vase avec ses pieds pour faire sortir les organismes dont il se nourrit. Technique unique chez les oiseaux, le flamant piétine le sol en tournant progressivement autour de son bec immergé. Il se forme alors des cercles typiques dans la vase attestant de la présence de l’espèce. Plus rarement, lorsque la profondeur de l’eau est importante, le flamant rose est capable de plonger partiellement pour filtrer l’eau, ne laissant dépasser que son arrière-train, et battant des pattes pour maintenir cette position verticale.
En raison de leur taille importante comparée à celle de leurs proies, les flamants passent beaucoup de temps à se nourrir, aussi bien de jour que de nuit.

Comme la plupart des oiseaux à longue durée de vie (le flamant rose atteint facilement trente ans à l’état sauvage), la reproduction est tardive. Bien que les flamants atteignent leur maturité sexuelle vers 3 ou 4 ans, ils commencent généralement à se reproduire plus tard, jusqu’à une dizaine d’années.

Les flamants se reproduisent en vastes colonies pouvant réunir jusqu’à 200 000 couples monogames au cours d’une saison de reproduction (les individus changent de partenaire d’une année à l’autre). Chez le flamant rose, les deux sexes pratiquent des parades nuptiales, composées d’un rituel gestuel : marche en groupe, tournements de tête, ouverture brusque des ailes, feinte de toilettage… Une fois les partenaires appariés, ils le restent durant toute la durée de la reproduction. Après l’accouplement, les deux partenaires se mettent à la construction du nid, de préférence sur un îlot qui les met à l’abri des prédateurs, à l’aide du substrat de celui-ci (boue, vase, cailloux,…). La femelle y pond un œuf unique (très rarement, deux œufs sont observés) qui sera couvé par les deux partenaires durant 29 jours. Le poussin passe ses premiers jours au nid mais rejoint très vite les autres poussins qui se regroupent pour former des « crèches ». Les adultes viennent régulièrement nourrir leur jeune avec une sécrétion nutritive rouge. Les poussins, qui passent du blanc au gris durant leur croissance, n’acquerront leur plumage rose caractéristique qu’au bout de 2 à 4 ans. L’envol se fait autour de 80 jours.

 

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